vendredi 24 juillet 2015

Petit guide de survie pour exposer en convention




           Vous êtes là derrière votre magnifique stand miraculeusement bien placé et soigneusement décoré par vos soins, vos goodies tous plus attrayants les uns que les autres s'étalant sur votre table presque trop petite pour tous les montrer.
Les visiteurs de bousculent tout autour, vous vous enivrez de compliments et de regards admiratifs envers votre travail (ainsi que de cookies que vous offre la gentille dame du stand d'à côté). Vos produits s'écoulent comme des petits pains si bien que la caisse que vous avez prévu menace de casser. Et en plus le staff vous a même donné des tickets restau pour grailler gratos !

Belle image n'est-ce pas ? Je serais prête à parier que vous vous y voyez déjà.
Ah ! Si seulement...
La réalité bien souvent est toute autre, et rarement aussi idyllique que la situation dépeinte ci-dessus (du moins pour les premières fois).

Rêves et objectif pour certain, désillusion pour d'autres... ou encore véritable addiction, une chose est certaine concernant les conventions, on ne part pas y exposer comme on descend acheter son pain, les mains dans les poche et la tête en l'air.
Que l'on soit artiste, dessinateur BD, mangaka, créateur de bijoux, auteur de roman, collectif fanzineux, illustrateur, tatoueur, créateur en tous genres, un minimum de préparation et d'organisation est nécessaire vitale, paraît-il.

Pour éviter des taulés aux néophytes mais également dispenser quelques bons conseils forts utiles aux baptisés souhaitant renouveler l'expérience, 14 habitués des stands ont eu la gentillesse de répondre aux questions de la jeune naïve et encore pucelle dans le domaine des conventions que je suis.
(100 points pour Griffondor si tu as réussi à lire cette phrase sans reprendre ton souffle.)


***






      Du marché de Noël local à la titanesque Japan Expo ou encore le Festival d'Angoulême, il y en a de toutes les tailles et pour tous les publics.
Matendouce est bien placé pour le savoir : "  Depuis 2006 on enchaine les festivals de BDs, salons du livre, concert et toute manifestation qui nous laisse une table de libre ".
D'ailleurs c'est ce qui caractérise ici ce qu'on appellera "convention" :  tout évènement mettant à disposition (gratuitement ou en location) une place où étaler son bardas de créateur.

Question convention, Amy Chibi aussi en a parcouru plus d'une grosse  : "Paris Manga, Japan Expo, Made in Asia... Ma préférée est, je pense, Made in Asia. Les fanzines sont vraiment mis en valeur, bien placés parmi les autres stands, et l'ambiance est toujours super sympa entre les exposants et avec le public" tandis que Sow préfères les évènements de plus petites envergure (mini conventions, marché de créateurs, expositions, boutiques éphémères...).

"Les petites conventions sont plus conviviales et on a mieux le temps de discuter avec les gens, explique Iceven. Il vaux mieux commencer petit et ne pas viser les plus grosses tout de suite.".

Cependant les grosses conventions, malgré leur aspect beaucoup plus commercial, ont également leur intérêt : " On peut y rencontrer énormément de gens, s'enthousiasme Arsenia. C'est un peu « Ze place to be », donc c'est très enrichissant "  


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      " Moi je voulais juste parler à des gens, dessiner et m'amuser !" rit Cam-miyu. Pour cette jeune artiste maniant aussi bien les crayons que le dermographe, aller à une convention c'est  se retrouver tous ensemble et passer un bon moment.
" Dans le monde du tattoo en fait, j'étais très impressionnée, ajoute-elle. Ces gars qui font sur place des tattoos pas possibles, gravés à vie dans la peau des gens... Pis maintenant je me fais mon petit trou, on me dit bonjour, parler et regarder les ainés et collègues faire, c'est toujours instructif. "
C'est donc aussi l'occasion de rencontrer ses modèles et d'apprendre de personnes plus expérimentées, en allant discuter avec eux ou simplement en les observant tel un ninja silencieux .

Pour Arsenia, c'est un moyen de partager sa passion et communiquer sur son univers : "J'expose pour le plaisir de partager avec les gens qui s'intéressent à notre travail, qui posent des questions, se renseignent. C'est vraiment agréable de parler avec les passants et les autres exposants quand le feeling passe bien."
Mais pour elle, il est primordial d'y aller dans une logique d'échange et de promotion, non dans une logique commerciale : " Il ne faut pas chercher à tout prix à faire du chiffre pour faire du chiffre".
Ce que vient confirmer Matendouce : "c'est important de rester humain, pas commerçant à 100%. Quand on voit un gamin qui achète un fanzine avec son argent poche, qu’il est gentil et passionné de BD, que tu vois qu’il hésite pour acheter une bricole à 1 euro, fais pas le radin, offre-la lui. C’est peut être une vocation que tu vas créer, et dans le pire des cas t’as rendu un enfant heureux."

***

 


          En réalité cela dépend visiblement du tempérament et du type d'expérience que l'on recherche ; chacun a ses avantages et ses inconvénients.

"Pour ma part j'ai toujours participé seule, je suis quelqu’un de très individuel " répond Shana Patry.
C'est sûr que quand on a l'habitude de produire de grands formats comme cette jeune artiste peintre, mieux vaut avoir suffisamment de place pour soi sur son stand !  Quand on est du genre à aimer que les choses soient faites à sa manière, prendre un stand juste pour soi est une solution qui peut éviter disputes et frustrations : on peut décorer son stand comme bon nous semble, s'étaler autant que l'on veut, présenter de grands formats... bref être le roi.

Mais ce n'est pas toujours facile de tenir son stand tout seul plusieurs jours d'affilé. Mis à part l'ennui qui peut se faire ressentir pendant les heures creuses, comment ça se passe pour les pauses pipi ?

Shana a la solution : "Y aller avec un pote ! Pour remplacer pendant les pauses et tenir compagnie".
Choisissez des potes patients et souriants dans ce cas... C'est plus vendeur.
Ou alors on peut choisir d'exposer en partenariat avec un autre artiste (avec qui on s'entend bien de préférence, puisqu'on s'apprête à passer plusieurs journées collés dans quelques mètres carrés).
Cela permet non seulement de créer/entretenir des liens, échanger de bons conseils, s'entre-promouvoir et également partager les frais de location de stands (s'il y en a). Chacun a son côté de table qu'il décore comme il veut (à moins de vous accorder entre-vous sur une déco commune).

Ou sinon, il y a la solution de l'allergique à la solitude : le collectif.
Un collectif d'artistes, c'est un groupe de passionnés qui se sont réunis pour monter ensemble des projets, que ce soit fanzine, évènements ou autre. 
En général, l'ambiance y est conviviale et soudée, et être avec d'autres gens qui se soutiennent entre eux motive grandement, c'est un cercle vertueux. On progresse mieux et plus vite à plusieurs.
"J'ai rencontré l'asso AL'EA quand j'étais ado, raconte Cam-miyu . J'ai de suite adhéré pour participer aussi car c'était un collectif très varié et accueillant. Les membres fondateurs dessinaient très bien et j'y voyait un but d'amélioration personnelle. Au final maintenant on est un peu comme une petite famille."
Amy Chibi est du même avis :  "Je fais partie de deux fanzines (Résonance en France et Baka Rangerz en Belgique), je suis bien plus active dans le fanzine belge, où nous ne sommes que quatre et super soudées ; on compte vraiment aller loin avec notre petit fanzine !" 
"Dans le collectif des Auteurs Mondialement Inconnus, comme nous sommes tous potes, c’est toujours un plaisir de se retrouver entre nous,  avec d’autres auteurs et d’autres potes fanzineux comme le Lobotozine pour vivre notre passion entre passionnés et se refiler les bons plans." conclue Matendouce.
Au final c'est une question d'alchimie : il faut savoir s'entourer de gens motivés et impliqués pour ne pas se retrouver seul à tout mener.
Il est également important de savoir s'effacer et mettre son ego de côté pour vivre en tant que groupe et non en tant que personne individuelle.
Logiquement, c'est le travail du collectif qui sera mis en avant, plus que votre travail personnel.
Pour finir, il faut être près à partager le stand quitte à n'avoir qu'une toute petite place, et contenter tout le monde pour la déco... 
En contrepartie, les frais de location des coventions plus coûteuses deviennent tout de suite plus accessibles à plusieurs.


***



         "Il est très important de se renseigner le plus possible sur l’événement lui-même et sur le type de public qui va y être, afin de pouvoir adapter ce qu’on a à vendre " confie Shana.

- Le public : Dans les grandes convention type Japan Expo, Made in Asia, Paris Manga ou encore Geekopolis, le public est plutôt jeune. Il sera donc ouverts mais pas forcément près à payer des milles et des cents. Voire même des dix...
"Par exemple, mes impression à 5$(3,55Euro) ont été un franc succès, continue-t-elle. J’ai même épuisée mes stocks. En revanche je n’ai vendue aucune œuvre originale, à mon grand désarroi. 
Je crois que c’est surtout parce que je me mesurais à un public étudiant. Les gens voulaient donc m’encourager et repartir avec un petit quelque chose, mais sans payer le plein prix."

A l'inverse, dans des marchés de créateurs, Sow s'est confronté à un public a priori plus acheteur mais beaucoup moins réceptif ..."J'ai un style assez humour, jeune et ça ne correspond pas du tout au public qui est plus agé ou qui cherche des trucs offrir aux petit-enfants".
En conclusion, la tranche d'âge du public visé est ultra importante pour adapter ses prix et ses produits, et ainsi plaire au plus grand nombre. Avec ça, plus d'excuse pour ne pas faire un tabac.

- La thématique : là encore, c'est un détail primordial qu'il faut absolument prendre en compte.
" J'ai une amie qui a imprimé 500 posters d'un dessin de paysage africain pour la Made In Asia ... raconte Amy Chibi. Je ne te surprends pas en disant qu'elle en a vendu 0 ".
De même, on ne vous cachera pas que pour un marché de Noël, les articles présentant neige, sapins et boules rouges ont tendance à avoir plus la cote que les petits lapins et les oeufs de Pâques aux couleurs pastel.
Autre exemple, quand on fait un fanzine dans des conventions type culture geek, le choix du thème est à faire judicieusement : "Pour Ribozine, rapporte Matendouce,  notre numéro sur le manga s’est vendu en un rien de temps, celui sur la musique aussi. Et le numéro 18  interdit aux moins de 18 ans, avec une fille dénudée sur la couverture, a aussi trouvé son public mais auprès des plus âgés."  "L’impact de la couverture est primordial pour attirer le public qu'on vise !" ajoute-t-il. 
Ce qui est valable pour tout le reste du stand en fait, des bâches du fond au choix de la nappe.


                                                                        ***





                                                       (pour les dessinateurs)

      On sait que vous êtes très fier(e) de cette toile de 2 x 3m que vous avez réalisé en 127 heures et que vous gardiez pour l'occasion, soigneusement conservée dans le salon de votre maman.
Malheureusement pour vous (et pour votre génitrice), on est navrés de vous apprendre que globalement, en convention, ce sont les petits objets qui partent.

"Je mise plus sur des cartes postales ou cartes de voeux, nous renseigne Sow,  c'est ce qui généralement marche le mieux. Les gens sont pauvres..." Ou un peu radin, tout simplement.
"En général, tout ce qui est en dessous de 8-10 euros fonctionne mieux" confirme Shana.
Arsenia nuance tout de même cette généralité : " Les petits goodies sont certes ce qui marche le mieux auprès des gens qui ne me connaissaient pas déjà. Quand ils découvrent tout juste, et dès que ça dépasse les 6/7 euros, ils sont réticents à l'idée de débourser plus d'argent, ce qui est compréhensible. Par contre mes projets (roman, artbook, BD) ont mieux fonctionné auprès des gens qui me suivent déjà sur Facebook, DeviantArt, etc..."
"Les posters et les badges marchent aussi pas mal, complète Amy Chibi. Mais je pense que le must en convention, ce sont les portraits sur place, on est toujours overbookées" (les commissions sur place : sujet de controverse, on reviendra sur ce point plus tard).
Pour résumer, il est bien de combiner goodies (cartes, stickers, marques-pages, posters, porte-clé, badges, pourquoi pas t-shirts et tote bag) et projets plus gros (BD, artbook, fanzine, roman). Ou mieux, de développer ses goodies autours des projets centraux afin de mieux en faire leur promotion.

C'est d'ailleurs exactement comme ça que fonctionne Matendouce : " Notre fanzine Ribozine, c'est la pierre angulaire de notre activité. À côté nous avons de la petite édition avec des mini-récits, des goodies gratuits (stickers, cartes) ou non (badges) "

Oui parce que des fois, proposer un ou deux petits objets gratuits, donc qui partiront facilement et se baladeront à travers toute la convention, peux favoriser la promotion du reste du stand...

Et Kamyeuuh conclue sur un point important : " Ca va être un peu à l’encontre de mes principes mais tant pis. C’est bête mais une partie assez importante des gens s’arrêtent beaucoup plus facilement à des stands si y’a au moins une partie de produits « fan art » plutôt qu’un stand entièrement dédié à ton univers (qu'ils ne connaissent pas forcément). "
Et oui comme ce sont des choses que les gens reconnaissent, les fanarts interpellent les passants.
Réaliser quelques dessins représentant des personnages connus d'anime ou de série peut permettre d'attirer le publics qui regardera ainsi plus facilement le reste du stand.

Mais attention : si réaliser quelques fan arts est sympa, ne présenter quasi que ça flirte avec la moralité. Ou carrément l'illégalité la plus totale pour ces stands de jeunes artistes exclusivement recouverts d'illustrations Disney présentées comme des (faux) produits dérivés.


                                                                        ***




       Faire ou faire faire ? Telle est la question.
" En général, on fait appel à des services extérieurs pour réaliser nos produits (badges, posters, cartes, impression des fanzines), explique le Collectif Pinup.  Les seules choses qu’on fait à la main pour le moment c’est les marque-pages. On les imprime, on les découpe, on les plastifie, et on les redécoupe ! C’est assez long et fastidieux…
" Moi j'ai acheté une machine à badges, dit Amy Chibi. C'est plus pratique et plus rentable pour moi."
"Pour moi ça a été les deux, poursuit Kamyeuuh. J’ai fait moi même les badges et les stickers, mais fait appel à un service pour le fanzine, les cartes et les marque page. Aucun à proscrire, jusque là tout s’est bien passé pour moi !"
Conclusion, quand on a une (très) bonne imprimante, et d'autres machines spécifiques... de nombreux goodies sont réalisables à la maison.
Mais quand on cherche la qualité ou bien des produits plus spéciaux, il vaut mieux faire appel à un service spécialisé.


En parlant de services spécialisés : sur le plan des imprimeurs, mieux vaut-il jouer local, ou en ligne ?
Ici deux écoles s'affrontent.
D'un côté il y a ceux qui préfère la sécurité :
" Je préfère le contact humain, dit Mifflue, et pouvoir corriger les couleurs sur place plutôt que de croiser les doigts en attendant la commande de 200 bouquins par internet."
En plus,il y a une dimension humaine :
"J'essaie au maximum de travailler avec des imprimeurs de ma région, explique Sow. Les gens sont assez sensibles à ça."

De l'autre côté il y a ceux qui sont confiants et qui n'ont pas spécialement envie de perdre du temps à négocier les prix. Et il faut dire que les prix des imprimeurs en ligne sont bien moins élevés. Une bonne solution pour les prints et posters, en revanche pour les projets plus conséquents cela peut être risqué car ils n'envoient pas tous de B.a.T ("Bon à tirer" qui fait office de vérification avant lancement des impressions).

Quelques sites 
Pour les prints et cartes de visite :
- VistaPrint : peu cher mais qualité parfois aléatoire
- Moo : Très qualitatif mais un peu plus cher
Pour les zines : 
- PixartPrinting mais cela peut être quitte ou double concernant la qualité. 
Pour les badges :
-  Créa-Badges.fr
- Pinspop (Pour un lot de 50 ou +  on peut choisis plusieurs designs differents)
PLV /affichage/bâche :

- easy flyers : bon rapport qualité prix
PixartPrinting

Pour des stickers :
Moo : stickers rond, mini-planches, rectangles...
- ZapCreative : stickers rond, carré, découpes personnalisées
Goodies Originaux
Jimi Agency (posters/cartes effet paillettes, charms, porte-cartes, porte-documents...)
ZapCreative (charms découpe perso en acrylic ou en bois)

- Camaloon (miroirs de poches, magnets...)

- ...à compléter... N'hésitez pas à partager vos bons plans !




***


Sur les stands, on a tendance à croiser de tout, du beau fanzine sur super papier mat donné pour 2 pauvres euros, au poster A3 imprimé chez soi avec sa petite Canon Jet d'encre sur papier d'imprimante basique vendu à 15 euros. Comment trouver le juste milieu ? Ici aussi, les avis sont divers. "Il n’y a pas de normes, commence Mattendouce. Tout dépend si ton but c’est d’en vivre ou juste de diffuser quelque chose. Bien entendu le but ce n’est pas de vendre à perte mais faut rester raisonnable. Un print qui te coûte 1 euros à l'impression tu le revends pas 50. Il faut aussi penser à la bourse des gens, leur budget." Mais pour Sow, pas question de se sous-vendre : "Je trouve que beaucoup de créateurs ne vendent pas cher du tout leurs tirages, ça casse le marché. Surtout que beaucoup sont des asso, des auto-entrepreneur qui veulent juste vendre à fond, même si ça rapporte peu, il y a ce besoin de se rassurer... Des dessins originaux à 5€, sérieusement ?? " En effet, on n'y pense pas souvent, mais baisser ses prix pour vendre plus peut nuire à tous le marché d'une convention, car les autres créateurs se retrouvent obligés de baisser leurs prix pour rester compétitifs, et cela signifie parfois ne quasiment plus faire de profit dessus. Donc même si votre but n'est pas d'en vivre ou de faire de gros profits, il faut veiller à ne pas pénaliser toute une communauté d'artistes dont, eux, c'est le gagne-pain. Sans compter que quand on fait ça en amateur, on ne paye pas de TVA. Ce qui n'est pas le cas des pro, qui par conséquent ne peuvent pas se permettre de baisser leurs prix plus que de raison. Si vous aimez ce que vous faites, ne faites-pas couler le milieu ! Alors comment savoir quels prix fixer ? "Généralement je regarde les prix moyens des collègues autour."explique Iceven. 
C'est effectivement le meilleur moyen de s'aligner aux prix du marché, sans faire trop ni trop peu. "Si on fait trop, les gens ne viendront pas acheter chez nous, nous met en garde Arsenia. Et si on fait trop peu ça peut donner l'impression qu'on fait de la mauvaise qualité" "Mais quoi qu'il arrive, rajoute Iceven, il faut se faire une marge convenable par rapport à ce qu'on a déboursé pour la production". Pour les articles proposés par les dessinateurs, constate cette tendance : - badges : 1€ - carte postales : 1 à 2€ - posters A3 : 3 à 5 € - fanzine : 5 à 6 € - artbook/BD: 10 à 15 € en fonction du nombre de page - Dessin originaux...? Parlons-en tiens, des originaux ou des commissions sur places. Des aquarelles A4 pleines de détails sur lesquelles l'artiste a passé une dizaine d'heure vendues à 5 euros, moi je trouve ça triste. Quand on baisse trop les prix, cela devient dégradant. Non seulement pour son propre travail, mais aussi pour le domaine de la création en général. Cela revient à afficher en gros que ça n'a pas plus de valeur que ça, et quand les gens voient ce genre de prix, ils ont tendance à penser que si c'est si peu cher, c'est que ça n'est pas très difficile ou ça ne prend pas beaucoup de temps. Or tout ce qui est artistique demande au contraire du temps, du matériel et un savoir-faire. Vouloir vendre à tout prix son stock justifie-t-il le fait de traîner son travail dans la boue et lui cracher trois fois dessus ? Pareil pour les commissions sur places où les dédicaces. Les faire payer 5 euros, soit. Mais il faut être clair dès le début sur la quantité de détails et la technique. C'est trop facile de se retrouver piégé(e) à plancher des heures sur un dessin que l'on vous aura payé 5 euros, au lieu de passer ces heures à animer votre stand.
Comme en témoigne Cam-miyu : " Nous avons souvent dû revoir les prix des dédicaces à un moment donné. Trop de temps passé sur une dédicace alors que son prix est de 5€ et que tu y as passé la journée et mal évalué ton temps... C'est de la perte, donc on avait sous-évalué le travail." Donc ne pas faire trop cher pour ne pas se payer la tête des clients, oui. Mais tout es gardant un respect de votre travail et de celui des autres autour. Tenir à jour un carnet de compte avec renseigné les montants que vous avez payé pour la production de chacun de vos articles vous aidera grandement à vous organiser et à fixer vos prix.
Par la suite, faites-vous une fiche récapitulative de tous vos tarifs/goodies pour l'avoir toujours à portée de main et ainsi ne pas faire d'erreur durant les ventes.
***



         " La gestion du stock, c’est compliqué… " commence le Collectif Pinup. Ce collectif constitué de 5 artistes tous plus talentueux les uns que les autres sillonne les convention depuis 2005 et ils n'ont pourtant toujours pas trouvé de réponse à cette éternelle problématique.
 "La difficulté réside dans le fait qu’un produit peut plaire dans une convention, et ne pas du tout marcher dans une autre… continuent-ils. On n’a pas encore trouvé la recette miracle, mais le conseil qu’on donnerait serait de regarder dans un premier temps le nombre de visiteurs : en effet, on ne prévoit pas le même stock pour une convention avec 2 000 visiteurs, que pour une convention avec 200 000 ! "

Ensuite, il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre.
Ce que s'empresse de confirmer Iceven :
" La première fois on s'emballe, on se ruine et on a du stock sur les bras pour au moins les 2 prochaines convention ! "
" Il faut prévoir déjà au minimum de quoi rentabiliser son stand et les à-cotés, complète Arsenia. Et ne pas chercher à en prendre trop, sinon ça peut être compliqué au niveau du transport. Tant qu'on est pas hyper connu, ça ne sert à rien de prévoir des centaines de stock . Une petite vingtaine de chaque c'est déjà bien assez selon moi. "
"On m'a dit un jour que "les ventes sont proportionnelles au stock, plus t'en a, plus du vends", achève Sow. Mais j'imagine que cela englobe plus la variété que la quantité".
En effet, les gens aiment avoir du choix. Mieux vaut donc plusieurs modèles en petites quantité qu'un seul article en 50000 exemplaires.


Enfin, l'organisation est bien évidemment de mise:
" Il faut faire des rangements, classer et tenir un inventaire régulièrement, énumère Matendouce. Et noter les numéros vendus ça va plus vite que de recompter le stock à chaque fois. " Ce qui s'applique plutôt aux fanzine et aux tirages numérotés, mais vous pouvez l'étendre à tous les types de produit en leur attribuant par exemple un système de gommettes ou d'étiquette sur lesquels vous inscrivez les numéros.
On peut également souvent voir les exposants remplir automatiquement leur fiche d'inventaire à chaque objet vendu.
Noter scrupuleusement et au fur et à mesure tout objet qui part peut sembler répétitif et barbant mais, en plus de vous faire gagner du temps, cela vous évitera bien des surprises une fois la convention finie.


***




      "Déjà, ne pas oublier de bien afficher les prix car les gens n’osent pas demander." assène Matendouce.

"Et personnalise ton stand BORDEL ! continue Mifflue. Fabrique des trucs, rajoute de la couleur ! Quand t'arrives, t'as un bloc de 2m sur 3 complètement blanc,  mets plein de posters, pas d'espace blanc ou peu. Plein de trucs à regarder, de la fantaisie. Dépasse un peu, même !"

" Le strict minimum c’est d’avoir une nappe qui permet d’habiller un peu le stand " indique le Collectif Pinup. Et une bâche ou un kakemono derrière avec son logo/nom pour quand même préciser qui se tient derrière là table.

Mais dans une rangée où sont campés plus d'une dizaine de stands, le but est d'être celui qui attirera immédiatement l'oeil du passant (et l'attirera lui tout entier ensuite).
Pour sortir du lot, il ne faut pas hésiter à le décorer à fond.

De beaux kakemonos, une présentation étudiée, des présentoirs pour mettre en valeur les goodies, des PLV, des cadres pour habiller vos originaux, des petits objets déco... bref, il faut que ce soit attrayant, quitte à en faire des tonnes (on est en convention de toute façon, il ne faut pas avoir peur d'en faire trop, surtout pour les conventions geek ou culture Jap qui, entre-nous, sont déjà des templse du "too much"...)


Quelques idée de présentoir qu'on peut aisément fabriquer soi-même
- Pour les cartes de visites
- Pour des prints A5, romams ou mini-artbooks
- Pour des cartes postales ou fanzines (même si le tuto initial est pour un présentoir à vernis)
- ... à compléter ...   (n'hésitez pas à faire passer vos idées ou vos liens de Do It Yourself !)



***






       Non oubliez tout de suite le fromage, c'était une image.

"Le secret c’est qu’il ne faut pas rester passif, confie encore une fois l'intarissable Matendouce. Les visiteurs passent mais n’osent pas toucher, feuilleter. Il faut les inviter, leur parler, la plupart de nos ventes se réalisent en jouant le jeu. "


Aussi, des évènements auxquels ils peuvent participer donnent envie aux gens de s'arrêter. Et sur ce points, nos habitués ne tarissent pas d'idées.

" On a organisé des loteries, vraiment pas chères et toujours gagnantes, pour écouler nos vieux stocks !" rapporte le Collectif Pinup.
Cam-miyu développe :  "Les concours loteries pour les enfants ! On avait avec AL'EA un vieux stock de posters à écouler. On a donc fait des lots, pis les gens devaient tirer des billes de couleur, c'était 2€ pour tirer une bille dans un sac et ils gagnaient un lot en fonction de la couleur. On a tout écoulé !
On a également fait un concours, on a pris un thème (disney, le cirque... etc) et les enfants devaient faire un dessin en rapport avec le theme, puis on votait entre nous et on discernait des gagnants, avec des lots. "
Une autre fois on avait réalisé une petite BD, les bulles étaient vides, et les gens devaient imaginer les dialogues, ce qui n'impliquait pas de savoir dessiner et qui a été apprécié par le public."
 "Nous on vend des ballons, enchaîne AmyChibi. Je sais que c'est une activité qui a énormément de succès ! "

Les évènements interactif plaisent également : une fresque collective, un atelier pour les enfants, des animations (si vous avez des copains cosplayers, vous pouvez les rencarder)...etc.

Enfin, les objets publicitaire gratuit sont assez efficace (car ils transforment toute personne qui les porte en sorte d'homme-sandwich qui fait votre promo en se baladant à travers toute la convention). Mais cette option est surtout intéressante avec des goodies clairement visibles qu'on peut porter sur sois : éventails, gros badges, tote bags, casquettes...   Donc réservé malheureusement aux gros budgets.



***





- Prévoir beaucoup d'eau
- Avoir de quoi rendre la monnaie
- Prendre un nombre conséquent de cartes de visite
- Penser à apporter à manger ou de quoi acheter sur place... les expo ne fournissent pas toujours des tickets repas ou des buffets
- Toujours garder le sourire, c'est la base pour tout commerçant !
- Avoir un minimum confiance en son niveau avant de se lancer... les remarques des passants sont parfois très dures.
- S'armer de patience et être prêts à s'ennuyer de temps en temps.
- Faire une bonne nuit de sommeil la veille
- Prévoir des petites pochettes plastiques pour glisser les prints achetés, des élastiques pour rouler les poster
- Etre prêts à accepter les critiques
- Si n'est pas seul sur son stand, ne pas hésiter à le délaisser quelques instant et faire un tour pour s'aérer l'esprit et rencontrer les autres exposants
- Avoir un beau portfolio à présenter pour d'éventuels contact pro





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Un énorme merci à eux !
A présent, armé de bons conseil et de détermination, nous voilà tous fin prêt à nous lancer dans la jungle des conventions. Et à nous faire nos propres expériences.
Par ailleurs, si vous aussi avez des trucs et astuces, conseils, retour d'expérience ou même anecdote drôle, n'hésitez pas à les partager dans les commentaires !
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